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Se réconcilier avec le temps

Le temps, est, avec l’argent, un des grands déterminants de notre vie, et plus particulièrement de notre impression de parvenir à nous « accomplir ». Les parallèles entre ces deux dimensions sont nombreux : nous avons souvent l’impression de « manquer » de l’un, de l’autre, ou des deux, et que les choses seraient très différentes si nous en avions plus. Et pourtant, bien souvent (et c’est encore bien plus vrai pour le temps que pour l’argent), la réalité est plutôt que nous ne savons pas faire bon usage de ce que nous avons déjà.


Il y a néanmoins une différence de taille : si certaines personnes gagnent deux, cinq, dix ou mille fois plus d’argent que nous, personne n’a deux, cinq, dix ou mille fois plus de temps que nous : nous disposons tous de 24 heures par jour. On peut toujours arguer qu’on aurait moins de problèmes d’argent si l’on gagnait mieux sa vie, mais en ce qui concerne le temps, c’est avant tout la manière dont nous l’utilisons qui va faire la différence.

Nous entrons facilement, en matière de gestion du temps, dans des cercles particulièrement vicieux : plus nous avons l’impression de manquer de temps, plus nous nous stressons, plus nous perdons nos capacités de discernement, plus nous perdons, alors, de vue ce qui est réellement important pour nous, plus nous paniquons, plus nous perdons de temps sur des sujets qui n’en valent pas la peine, moins nous avons l’impression d’avancer, et plus nous avons l’impression de manquer de temps, etc. Nous nous retrouvons donc à faire, avec le temps dont nous disposons réellement, beaucoup moins qu’il ne serait théoriquement possible.


Les « secrets » de la gestion du temps résident donc dans une double « déviation » : d’abord, nous perdons de vue – avec une facilité parfois étonnante – ce qui est réellement important, et ensuite les sensations d’urgence, de stress, voire de panique, qui en découlent, nous décentrent alors totalement. Les techniques de gestion du temps interviennent à ces deux niveaux. Il s’agit dans un premier temps de définir ce qui est essentiel et dans un deuxième temps d’adopter des stratégies spécifiques et ciblées qui permettent de préserver cet essentiel et de le remettre au centre de notre activité. Les techniques enseignées ne montrent toute leur puissance que parce qu’elles sont au service de ce qui est réellement important pour nous. Les « fuites » de temps sont bien plus faciles à régler quand nous savons nous recentrer sur l’essentiel, et il est bien plus facile de nous laisser distraire de cet essentiel que nous ne l’imaginons généralement. Il est pourtant capital de travailler là-dessus en priorité quand on veut mieux gérer son temps. Plus nous nous approchons de ce qui nous fait vraiment vibrer, plus l’utilisation de notre temps est un plaisir, et plus il nous est facile de dépasser la procrastination et de « boucher les fuites de temps ».


En termes purement pratiques, il s’agira de prendre du recul par rapport à sa manière d’utiliser son temps, d’effectuer un auto-diagnostic pour apporter les modifications les plus pertinentes. Puis on va se baser sur des modèles comme la matrice d’Eisenhower et les lois de Pareto ou de Carlson, par exemple, pour prioriser nos tâches. Il s’agit de faire la différence entre les missions importantes et/ou urgentes et celles qui le sont moins, déléguer ce qui n’est pas dans notre cœur de mission là où c’est possible, faire le deuil de ce que l’on ne pourra pas faire, apprendre à communiquer des refus de la meilleure manière, etc. Nous allons aussi organiser notre temps en utilisant les fonctionnalités de notre messagerie et en planifiant les sujets dans notre agenda de manière à optimiser la mixité des sujets et favoriser notre attention. On apprendra à faire la « chasse » à la dispersion (le dicton « qui court plusieurs lièvres à la fois n’en attrape aucun » révélant toute sa sagesse une fois que l’on a appris quel « lièvre » il est bon de courir, ou pas !). Nous allons même pouvoir faire appel aux outils de l’amélioration continue tels que le 5S, pour organiser notre espace de travail et gagner en zénitude. En clair, il est possible d’apprendre à perdre un peu de temps pour en gagner beaucoup, en s’organisant de la manière la plus rationnelle possible.


Mais le plus important reste l’aspect plus « philosophique », qui donne tout leur sens aux «techniques» : à quoi, en dernière analyse, voulons-nous contribuer ? Pourquoi nous levons-nous le matin, qui justifie que nous y consacrions tout ce temps ? Où se trouve notre motivation profonde, qu’est-ce qui nous donne de l’énergie, et qu’est-ce qui peut faire que le temps redevienne notre allié plutôt qu’un ennemi invisible contre lequel nous nous retrouverions à lutter désespérément ? Seules les choses auxquelles on accorde du temps prennent vie concrètement, c’est à nous de choisir à quoi nous voulons donner vie, qu’il s’agisse, d’ailleurs, d’un projet professionnel ou personnel ponctuel, ou de la mission centrale de notre vie.


Sophie Miguet

Gérante de ValeurSens, entreprise dédiée à l'amélioration de la satisfaction au travail.

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