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Votre situation de travail est-elle stressante ?

Rappelons d’emblée l’amusante origine du mot « travail ». Etymologiquement, « travail » vient de « tripallium », qui désignait un instrument de torture ! Donc le travail serait une souffrance presque par définition. La question à vraiment se poser n’est donc pas tant « est-ce que le travail est stressant ? », que « à partir de quel niveau le stress au travail devient-il un problème ? ».


Il existe différents modèles, développés au cours des années par des sociologues, des médecins, des psychologues, pour évaluer le stress au travail, en distinguer les différents facteurs, et le cas échéant proposer des solutions. Ils ont généralement le mérite d’être assez simples, en voici un : celui proposé par le psychosociologue Robert Karasek.


Karasek considérait initialement qu’il y avait deux grandes dimensions à observer pour déterminer si une situation de travail était stressante, la « demande psychologique » et la « latitude décisionnelle » ; quelques années plus tard il en a ajouté une troisième, le « soutien social ».


La « demande psychologique » désigne ce à quoi l’on pense immédiatement quand on pense « stress au travail » : c’est tout ce qui va dans le sens de ce que l’on appelle couramment le « surmenage ». Quelle quantité de travail me demande-t-on de réaliser ? Dans quel délai ? Ma tâche est-elle simple, ou compliquée ? Est-ce que je suis confronté à des demandes contradictoires ? Suis-je interrompu dans ma tâche ? Etc. Trop de demande et je me sens surchargé, pas assez et je m’ennuie (un autre type de stress).


La « latitude décisionnelle » comprend plusieurs éléments moins intuitifs. Il y a d’abord ce que le terme désigne le plus clairement : est-ce que j’ai une capacité de décision, une certaine autonomie, pour organiser mon travail, ou suis-je totalement contraint (par les délais, par mon chef, par d’autres services, etc.) ? Et il y a une deuxième dimension qui est plus liée à l’épanouissement personnel, et à la motivation que mon travail peut susciter en moi : ai-je la possibilité d’utiliser mes compétences, voire mes talents, dans mon travail, ai-je la possibilité d’acquérir les compétences qui me manquent pour l’accomplir (etc.) ? Généralement, mieux vaut avoir une bonne latitude décisionnelle pour éviter le stress excessif.


Là où les deux premiers facteurs semblent (au moins en apparence) être liés principalement, pour le premier au travail, pour le deuxième au travailleur, le troisième renvoie à l’environnement humain plus large. Le « soutien social » désigne tout ce qui, dans les relations interpersonnelles de l’individu, va venir l’aider à supporter le stress, ou va au contraire l’y « enfoncer ». Est-ce que je suis reconnu par ma hiérarchie ? Est-ce que j’ai des rapports agréables avec mes collègues ? Est-ce que mes relations humaines à l’extérieur du cadre professionnel (amicales, amoureuses, etc.) sont un soutien, ou un problème de plus ?


Et ces trois facteurs sont en interaction. Par exemple, une demande psychologique forte n’est pas forcément un stress majeur si parallèlement ma latitude décisionnelle est assez forte aussi : dans ce cas, je vais peut-être percevoir mon travail comme un « challenge ». Si en plus j’ai un fort soutien social, je n’ai pas trop à m’inquiéter (dans une certaine mesure évidemment).


Ce modèle, parfois jugé comme trop simple et trop général (mais aucun modèle ne peut prétendre décrire le monde dans tous ses détails !), peut vous donner une bonne idée du niveau de stress que vous crée votre travail : sans rentrer dans toutes les subtilités, comment évaluez-vous, intuitivement ces trois dimensions dans votre cas ? Vous semble-t-il qu’une dimension en compense d’autres ? (Par exemple, oui, mon travail est dur et routinier, mais j’ai une bonne bande de copains à l’atelier). Il vous apparaîtra peut-être très clairement si oui ou non vous êtes à risque au travail, et où se situe le changement à apporter.


Marc Brami, psychologue et psychothérapeute.

Référent en qualité de vie au travail, et prévention des risques psychosociaux.


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