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Prévenir le sexisme sans opposer les femmes et les hommes

Afin de favoriser le « bien-vivre ensemble » dans le cadre du travail, de plus en plus d’organisations sensibilisent leurs personnels aux risques du sexisme ordinaire. Mais qu’est-ce que le sexisme, et comment traiter la question ?


Le sexisme est une discrimination particulière basée sur le sexe d’une personne, c’est-à-dire qu’elle est issue de nos « a priori » sur les catégories « homme » ou « femme ».


En effet, le sexisme repose sur une fonction vitale de notre cerveau : la catégorisation. Nous aurions disparu depuis longtemps en tant qu’espèce si nous n’étions pas capables de faire la différence, par exemple, entre un poison et un aliment. Nous catégorisons aussi les individus, formant, donc, des groupes (ici, hommes/femmes). Et dès que nous catégorisons, nous introduisons un certain nombre d’effets, dont certains peuvent se révéler pervers, et que les sciences humaines et sociales ont bien étudiés. Plusieurs mécanismes automatiques et inconscients se mettent en place, qu’il est parfois extrêmement difficile de réprimer – mais au moins peut-on apprendre à les reconnaître. Par exemple, les psychologues sociaux ont identifié ce qu’ils ont appelé le « biais d’homogénéité de l’exogroupe », expression assez compliquée pour dire une chose finalement assez simple : nous avons tous tendance à considérer les membres d’un groupe dont nous ne faisons pas partie (un « exogroupe ») comme plus ou moins indifférenciés (« homogènes »). D’autres mécanismes encore nous dressent les uns contre les autres : par exemple, les membres d’un groupe « héritent », dans la vision de ceux d’autres groupes, des caractéristiques les plus saillantes (réelles ou pas) de leur groupe : ce sont les « stéréotypes ».



Le sexisme a ceci de particulier qu’un lien spécial existe entre hommes et femmes : malgré tout ce qu’ils pourront trouver pour s’opposer, les hommes et les femmes ne pourront jamais se passer les uns des autres s’ils veulent simplement perpétuer l’espèce !


Il est donc capital de comprendre que tous ces sentiments qui parfois nous opposent (racisme, sexisme, homophobie, xénophobie, etc.) reposent sur des mécanismes naturels (c’est ce qui les rend parfois si profonds), négatifs (« par défaut je considère l’Autre comme mon ennemi ») comme positifs (« cet[te] Autre-là pourrait me donner une descendance »). Essayer de traiter tous ces « -ismes » ou ces « -phobies » sans comprendre les mécanismes qui les sous-tendent (y compris, et même particulièrement, dans leurs aspects positifs) risque d’être voué à l’échec.


Mais une des beautés de l’humanité est que, comme nous créons perpétuellement de nouveaux groupes, comme nous changeons (plus ou moins) facilement de groupes, et comme nous faisons partie de nombreux groupes, nous sommes assez flexibles dans nos amitiés comme dans nos inimitiés : si nous apprenons à connaître l’Autre personnellement, il retrouve son humanité, et nous pouvons plus facilement le traiter comme une personne à part entière plutôt que comme « membre de l’autre groupe ». Les histoires de guerres regorgent d’anecdotes d’ennemis devenus inséparables parce qu’ils avaient appris à voir que l’Autre n’était pas si différent.


Il est donc bien plus fructueux, quand on veut éradiquer le sexisme en entreprise par exemple, de s’appuyer sur ce qui nous rapproche que sur le désir de détecter et punir les déviances à la loi de 2015, qui en traite ! Il s’agit avant tout de créer des liens et des voies de communication et de compréhension entre des collectifs qui parfois s’ignorent ou se détestent sans raison. Si l’on cherche à tout prix ce qui nous différencie, ce qui nous éloigne, ce qui potentiellement peut nous pousser à nous haïr les uns les autres, il est assez facile de le trouver (les psychologues ont aussi un nom pour cela, le « biais de négativité »). Mais il n’y a pas beaucoup d’efforts à faire, quand on en a la volonté, pour trouver des motifs de nous retrouver, au bénéfice de tous et de chacun !


Marc Brami, psychologue et psychothérapeute.

Référent en qualité de vie au travail, et prévention des risques psychosociaux.

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